Bonjour Madame Dieyena ba

Bonjour Céline ça va ? Appelle-moi Dieynaba c’est plus simple.

Merci d’avoir accordé cette interview, je suis Celine, Journaliste Stagiaire sur la plateforme Afrique Immobilier. Pour commencer qui est Dieynaba Seydou Ba ?

Je suis Journaliste depuis 2003, même avant de faire la formation en Journalisme, j’avais intégré déjà une radio nommée RFM (Radio Futur Média) qui est un démembrement du groupe Futur Média. C’est le groupe leader en termes de média et communication au Sénégal.

Quelles sont les activités de la société Race Com ? A-t-elle des liens avec le Groupe Futur Média ?

Non… Race Com est une entreprise personnelle que j’ai créée en 2016. En effet, depuis 2012 je présente une émission spécialisée dans l’immobilier. C’est la seule émission thématique qui dure depuis quelques années. Précisément depuis 2012.  Notre émission est constamment dans la grille des programmes de la télévision « Futur média » qui est la télé leader au Sénégal.

Cette constance nous a amené à nous lancer dans l’événementiel et surtout dans l’événementiel immobilier. Nous avions remarqué que ce sont des expatriés ou des sociétés internationales qui venaient organiser nos salons. En 2017 Race Com a lancé son premier salon à la place de l’indépendance de Dakar. Une première expérience que nous avons lancée avec 0 franc. Juste quelques sponsors nous ont fait confiance, ceux qui nous suivait dans l’émission. Je peux citer la SOCOCIM qui est une cimenterie créée avant l’indépendance, ensuite la BHS (Banque de l’Habitat du Sénégal). Elles nous accompagnent depuis le début. J’aime bien rappeler que nous avons lancé notre premier salon avec 0 fr.

C’est important de le dire car ça prouve qu’il y’en qui peuvent oser et réussir… Expliquez-nous donc comment êtes-vous arrivé à l’immobilier en tant que journaliste ? Quel a été le déclic pour le domaine de l’immobilier ?

TFM est né en 2010 et en 2011 il fallait réfléchir sur un concept qui n’existe pas dans la grille des programmes,  j’ai donc commencé à réfléchir et je me suis demandé ce qu’il fallait faire pour sortir du lot. Car les émissions se ressemblent beaucoup sur des chaines ici au Sénégal. Dans la foulée, ma meilleure amie qui vit en Allemagne m’a parlé de l’immobilier. Ici, tout le monde parlent de l’économie, de mode,  etc. La réflexion d’une émission pour donner les bons plans afin que les gens comprennent ce que c’est le foncier, la promotion immobilière a donc abouti à  l’émission « samakeur » (ma maison en wolof). Quand nous parlons de la maison, c’est du sol au plafond en passant par le foncier, mais aussi les lois car il faut maitriser ce que les lois prévoient pour pouvoir réaliser son projet immobilier.

C’est donc ça le concept de l’émission qui dure depuis 2012. La saison actuelle prend fin en juillet prochain. La huitième saison s’enchainera immédiatement en aout … inch allah.

C’est super intéressant. En février dernier vous avez co-organisé le SAHABA (Salon de l’Habitat de Bamako) avec pour thème : La sécurité, une exigence de la ville. Pouvez-vous partager avec nous les principales recommandations, les ateliers et activités qui ont eu lieu ?

Oui …. En fait il faut préciser avant de parler du SAHABA que Race Com a organisé en 2018, un autre salon de l’habitat mais couplé avec une grande soirée de gala avec les acteurs de l’immobilier. On a voulu en fait joindre l’utile et l’agréable. Nous avons donc conceptualisé en parlant plutôt de la fête de l’immobilier, en d’autres termes l’immobilier en fête. Les professionnels ont donc profités pour faire quelques pas de dance.. rires.

En ce qui concerne le SAHABA, Race Com s’est plus occupé de l’aspect promotionnel et événementiel. Vous l’avez dit, nous avons co-organisé avec l’APIM (Association des Promoteurs Immobiliers du Mali). C’est cette dernière et le Ministère de l’Habitat qui s’occupaient de l’aspect technique et organisaient les panels. Je peux vous néanmoins affirmer qu’ils se sont penchés sur les villes nouvelles et intelligentes. Car le sujet est d’actualité au Mali, en Côte d’Ivoire, etc. Au Sénégal par exemple, de nouvelles villes sont nées. Il y’a Diamniadio, le lac rose, etc. C’était bien de parler de l’urbanisme qui est la base d’une ville nouvelle qui peut prospérer et répondre aux normes de la construction. La synthèse des recommandations est en cours et serai déjà fini n’eut été le coronas virus qui a freiné les activités des uns et des autres.

Cette synthèse sera présentée aux décideurs de la sous-région. Ce qui est important à signaler c’est que tous les acteurs ont été d’accord de créer de nouvelles villes et mais surtout de construire en hauteur. Vous savez dans notre culture on n’a pas cette habitude des maisons en hauteur. Pourtant le contexte foncier et mondial oblige d’envisager de vivre en hauteur. Il fallait donc réfléchir sur le statut social de la construction en Afrique.

En voilà de belles recommandations concrètes pour l’avenir mais nous aimerions savoir combien cette édition a mobilisé d’exposants ? Ont-ils eu des commandes fermes ? Les visiteurs ont-ils été satisfaits ?

Oui oui .. Nous avons reçu une cinquantaine d’exposants, des maliens, des sénégalais, des ivoiriens, des burkinabés et même des égyptiens. Les cimentiers ont montré ce qu’ils font, d’autres structures comme Toguna ont pu montrer ce qu’elles font avec les mines, etc.

Il y’a également eu des rencontres très intéressantes. Pour les commandes, j’ai eu les retours des entreprises venues de Dakar (puisque je suis de Dakar). Beaucoup ont pu vendre des maisons lors du salon de Bamako.

En somme, c’était une belle rencontre entre le foncier, le BTP, etc. A Bamako on a senti que les acteurs étaient présents et actifs. Une chose encore plus importante c’est la déclaration du Président du Mali, Monsieur Ibrahim Boubacar Keïta qui a reconnu que le SAHABA 2020 a eu une autre dimension. Une remarque importante pour nous.

En tout cas bravo pour ces succès-là. Quand vous parlez des cimentiers qui étaient présents on comprend que plusieurs autres secteurs étaient présents. Pouvez-vous les évoquer ?

 Nous avons reçus des visiteurs professionnels. Les exposants étaient chargés de faire des fiches car souvent les choses vont tellement vite qu’on ne se rend pas compte de la qualité de certains visiteurs. Une banque de données est en cours et sera partagée à tous les exposants. Tout le monde pourra en profiter, parce que c’est important pour harmoniser les décisions surtout en ce qui concerne le BTP.

On voit bien qu’il y’a eu de grandes innovations technologiques. Vous avez parlé de la possibilité de modifier les plans architecturaux de construction. Y’a-t-il eu d’autres innovations que vous souhaitez partager avec nous ?

Vous savez, je ne suis pas experte en la matière, mais l’immobilier c’est un tout et  j’entends les professionnels parler des 3F + F (foncier, financement, fiscalité) et la formation. D’ailleurs, un ami qui est dans le secteur me dit souvent qu’il faut évoquer la formation des acteurs. Ce cadre permet de mener des réflexions comme par exemple le financement de l’habitat social en cette période de pandémie. D’ailleurs, nous préparons un panel avec les banquiers sur le financement de la promotion immobilière.

C’est bien noté et merci. Nous avons compris que vous avez eu des félicitations et des sollicitations, mais dites-nous quelles ont été les difficultés rencontrées pendant les préparations ?

Il y’a pas de succès sans peine. Je ne parlerai même pas de succès car en tant qu’organisatrice je me mets toujours en question. Dans notre jargon journalistique on dit souvent que le meilleur reportage c’est celui de demain. Ici, on pourra dire donc que le meilleur salon c’est celui qu’on va organiser l’année prochaine.  Il y’a eu des difficultés certe mais pour moi ce sont des expériences, car dans ce genre d’événements soit on gagne ou on gagne.

Il y’a pas de eu difficultés majeures, mais vous savez que toute organisation est assujetti à des difficultés et c’est normal. Ce salon aurait été organisé à Abidjan, à Dakar ou même à Bruxelles les difficultés seraient la . Pour nous, l’important ce n’est pas de recenser les difficultés mais c’est de les surmonter et d’en faire une force.  Ce que nous retenons c’est les bons moments autour de l’immobilier ouest africain que nous avons passé à Bamako.

Notre mission a été accomplie, et nous ferons de notre mieux pour faire encore mieux les prochaines fois dans d’autres pays. Il est vrai que ce n’est pas évident d’organiser dans un autre pays que votre pays de résidence. Bamako nous a ouvert des portes. Ce n’était pas facile d’avoir cette reconnaissance des autorités maliennes sur notre manière d’organiser des événements. Plusieurs sponsors nous ont accompagnés. Ils venaient de la Côte d’Ivoire, du Mali mais aussi du Sénégal. C’était aussi une fierté d’être accompagné par Youssou Ndour.

Merci une fois de plus pour cette belle leçon de résilience et de moral. On comprend bien votre satisfaction personnelle et aussi des propositions pour améliorer. Vous parlez de Youssour Ndour justement. Le choix de la star internationale de la culture comme parrain du SAHABA 2020 a-t-il eu un impact sur l’événement ? Si oui, dans quel sens ?

Oui oui, je vous ai dit que le président du Mali a dit qu’un salon SAHABA n’a jamais eu autant d’engouement, c’était agréable pour nous d’entendre ça. Je suis l’agent de Youssou Ndour. C’est donc mon patron car il est le promoteur du groupe RFM. Dans sa dynamique d’accompagner ses agents, il nous laisse la possibilité de faire des projets. Et lorsqu’il agréé, il s’implique physiquement. Il nous accompagne souvent à Dakar. Quand nous avons expliqué ce qu’on voulait faire au Mali il a agréé à 1000%. Ca faisait 15 ans qu’il n’avait mis les pieds à Bamako. Il m’a confié que c’est le meilleur voyage qu’il a fait depuis des années.

Nous avons organisé un diner de gala. Il y’avait beaucoup l’ambiance et de l’émotion. Il a porté la voix des jeunes. Parce que pour lui, les jeunes doivent penser à l’immobilier dès qu’ils commencent à travailler. On peut s’acheter une voiture, ou de beaux vêtements mais aussi il faut penser immobilier et c’était important pour  lui de porter ce message aux jeunes africains.

Au-delà de l’engouement que sa présence a suscité, il a été reçu par le président du Mali qui l’a décoré. Il trouve que Youssou Ndour est un grand porteur de voix. Pour nous c’était une satisfaction, et si dieu le veut bien Youssou Ndour va nous accompagner dans toutes les capitales africaines où nous irons. Il sait que nous nous battrons pour que ça se passe bien et  qu’on est là pour montrer que l’Afrique a de belles choses dans l’immobilier et le foncier. Sincèrement on y croit et sommes prêt a tout pour vulgariser cette face magique et magnifique de l’immobilier ouest africain.

C’est très bien à savoir. Vous venez de nous faire revivre la beauté de cet événement. Nous avons le regret de n’y avoir pas assisté mais on est très content de recevoir ce retour et d’avoir toutes ces belles leçons d’humilité et d’audace pour l’Afrique. Pour les prochaines éditions, vous en parliez. Comment les envisagez-vous ?

Je ne sais pas encore comment ça va se passer avec la prochaine édition du SAHABA, mais une chose est sure Race Com va continuer à faire son petit bonhomme de chemin. On est en train d’organiser comme je vous l’ai dit un petit événement à Dakar en juillet ou aout prochain. Vous savez avec la pandémie, nous sommes obligés de revoir le calendrier. Mais en 2021, si Dieu le veut, nous organiserons un événement à Abidjan Inch Alla.

En plus de SAHABA est ce que Race Com a d’autres projets à court et moyen terme ?

Oui oui… Je ne fais pas que la communication sur l’immobilier, je suis journaliste…

D’où l’intérêt de notre question parce qu’on connait désormais cette polyvalence de votre part…

Nous avons beaucoup de projets. Je partagerai d’ailleurs avec vous les émissions que je produis. Je ne fais pas que de l’événementiel avec l’immobilier. Quelques fois je travaille avec la chambre de commerce. Nous faisions partie des organisateurs du dernier congrès de notaires d’Afrique. Nous achetons des espaces publicitaires. On n’est pas focus sur l’immobilier mais on aime l’immobilier. Ceci explique cela.

On est presque à la fin de notre inter avez-vous un dernier mot ?

Je vous remercie parce que c’est ce genre d’entretiens qui montre la richesse de notre jeunesse africaine. Plusieurs jeunes et surtout des femmes font de très belles choses et n’ont pas de plateforme pour montrer ce qu’ils font. Nous avons la chance de travailler à la télé et à la radio et d’être connu. C’est très important de montrer et de dire ce qu’un jeune ou une personne lambda fait de mieux.

Le Mali c’était notre première riche expérience sous regionale.. Ça sera pas facile nous sommes conscient mais on ne lâchera pas. On va de temps en temps trébucher et on va refuser de tomber …rires. On sera au rebond pour notre satisfaction personnelle et nos partenaires doivent savoir que nous faisons nos activités avec amour.

En tout cas c’est nous qui sommes honorés de votre disponibilité et tous ces échanges magnifiques. Par ma voix, les abonnés de notre plateforme vous disent merci pour cette belle leçon et pour l’exemple que vous êtes dans le domaine. Nous restons à votre disposition et vous contacterons certainement. A très bientôt.

Interview réalisée  par Céline DEMOL

Journaliste stagiaire, Plateforme Afrique Immobilier